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Monsieur le Directeur,
Nous vous remercions pour votre réponse à notre message du 19 mars et espérons que vous vous portez toujours bien en cette période de confinement.
Nous avons répondu positivement à votre invitation à l’audio prévue demain matin pour laquelle nous formulons une double demande.
Qu’elle soit tout d’abord placée sous le signe de l’écoute mutuelle et du respect de la
parole de chacun pour être la plus profitable à tous et ne pas virer en une cacophonie dont nous sortirions tous perdants, avec le risque de ne pas évoquer la situation de chaque ESI comme cela est nécessaire. Un compte-rendu écrit détaillé à l’issue de l’audio nous paraît également indispensable pour la parfaite information de chacun.
Ayant provoqué la réunion, nous vous laissons le soin de proposer sous quelle forme cette écoute mutuelle pourrait être la meilleure, une solution pouvant être par exemple de limiter le nombre d’intervenant par organisation syndicale, charge à chacune de préparer les questions avant la réunion, comme nous l’avons fait pour la CGT. Les questions justement forment la deuxième partie de notre double demande.
Dans notre message du 20 mars nous vous avons posé un certain nombre de questions pour lesquelles les réponses que nous attendons de votre part nous apparaissent comme plus vitales à mesure que les jours passent et que les risques auxquels sont confrontés nos collègues et leurs familles augmentent.
Ces questions nous les rappellerons ici, avant de les compléter par d’autres qui nous sont apparues et remontées au fur et à mesure que nous sommes parvenus à échanger avec nos collègues, souvent « avec les moyens du bord », compte tenu du nombre très réduit de télétravailleurs. Ces informations que nous demandons vous les avez, ou vous devriez les avoir, et vous devriez les partager avec les représentants du personnel que nous sommes, aujourd’hui plus que jamais.
1/ Quand aurons-nous un point précis, ESI par ESI, CID par CID sur la situation de nos collègues ?
2/ Quelles sont les mesures de prévention mises en place ?
3/ Des collègues sont-ils infectés par le coronavirus ?
4/ Dans les services où des collègues déclarent les symptômes, quelles mesures ont-elles été prises ?
5/ Sur les 590 agents de la Disi RAAB, combien interviennent encore sur site, y compris pour des missions non prioritaires ?
6/ Par ESI, pour les missions prioritaires, combien d’agents travaillent sur site et combien télétravaillent ?
7/ Les moyens de transports de ces collègues ont-ils été identifiés pour réagir en cas de révélation du risque ou prévenir un risque lorsqu’ils utilisent les transports en commun ?
8/ Pour les agents travaillant en CID, les mêmes consignes de prévention ont-elles été
données sur tout le périmètre de la DISI ? Un état des lieux a t’il été fait sur leurs
conditions de travail ?
9/ Quel plan de prévention du risque est mis en place afin de fournir aux agents les
moyens de lutter contre le risque de contagion (mouchoirs, solutions hydroalcooliques,
masques, etc.) ?
Nous avons besoin d’une transparence, d’une précision et d’une actualisation complètes et régulières sur ces questions que nous vous avons posées dès le 20 mars. Nous complétons ces questions avec les suivantes, qui devraient également trouver réponses dès demain en audio.
10/ L’ensemble de nos collègues sont soumis à des risques psycho-sociaux d’une gravité extrême, encore jamais connus à cette échelle et sur une telle durée dont l’issue est encore inconnue. Quelles sont les mesures de soutien psychologique (mise en place d’une cellule ou autre), prévues pour l’après confinement mais également dès aujourd’hui ?
11/ Est-ce qu’on a des nouvelles régulières de chacun de nos collègues ? Un suivi est-il fait ?
12/ Certains collègues n’ont-ils donné aucune nouvelle depuis maintenant plus d’une
semaine ?
13) Que devient la campagne DUERP ?
14) Que devient la campagne DPR ?
Les questions suivantes ont trait principalement aux collègues qui sont amenés,
aujourd’hui et dans le futur tant que les mesures de confinement ne seront pas levées, à venir ponctuellement ou régulièrement sur leurs lieux de travail et qui se retrouvent
confrontés à des risques qu’ils ignorent peut-être :
15/ Quelles sont les mesures pour assurer leur sécurité au travail ? Quels équipements (sha, masques, gants...)
16/ Combien et qui sont-ils ? Pour quelle durée sont-ils sur les sites de la DiSI RAAB ?
17/ Quelles informations leur sont données quand ils entrent sur les sites de la DISI RAAB ?
18/ Comment faites-vous pour concilier les mesures de protection habituelles (on laisse les portes coupe-feu fermées, on ne les bloque pas, et surtout pas avec un extincteur) avec les mesures de protection qu’on a vues fleurir ces derniers jours (précisément toutes les portes ouvertes pour éviter de toucher des surfaces qui pourraient être infectées) ?
19/ De façon générale, est-ce que des règles de sécurité habituelles seraient mises en
stand-by, parfois de facto, parfois par ignorance des risques, en cette période
exceptionnelle ? Le cas échéant nos collègues en sont-ils informés quand ils se rendent sur leur lieu de travail ?
20/ Est-ce que toutes les missions habituellement dévolues à l’accueil sont assurées ?
Est-ce qu’on gère les alarmes (risque incendie, attentat, autres) ? Est-ce qu’on peut
appeler une entreprise si quelqu’un est bloqué dans un ascenseur ? Et surtout est-ce que cette entreprise viendra ?
21/ Est-ce que les entreprises qui assurent l’entretien courant des installations continuent à le faire ? Est-ce que leurs salariés disposent d’équipement de protection pour ne pas être contaminé ou à l’inverse pour ne pas contaminer nos locaux ?
Cette liste n’est bien entendue pas exhaustive, mais une réponse à chacune de ces
questions nous paraît un préalable avant de pouvoir suggérer ou affirmer que la situation serait sous contrôle et que tout irait bien.
Les représentants CGT sont en attente de vos réponses soit par mail, soit,
éventuellement, en audio-conférence.
Cordialement,
Pascale Baldo et Arnaud Bourdin
Co-secrétaires de la section CGT
Article publié le 27 mars 2020.